«È una corrispondenza nel senso forte della parola, - scrive la curatrice - un'amicizia epistolare "senza corpo" dirà Savinio. L'incontro fisico con "questa sua Melisenda maschile" avverrà soltanto nel 1949. Henri Parisot diventa a poco a poco l'alter ego dell'autore che gli dà conto della sua attività creativa e gli espone i suoi progetti con la certezza di non essere mai frainteso. Tutto il carteggio è incentrato sull'opera letteraria e artistica, come se nient'altro esistesse, quasi a scavare un vuoto intorno a questo oggetto magico che porge sempre nuovi aspetti e piaceri all'interlocutore. I due corrispondenti si astengono dal manifestare la benché minima curiosità per la vita quotidiana del destinatario». Perché questa rarefazione, questa essenzialità che è uno dei tratti più importanti e interessanti del carteggio, e che, evidentemente coinvolge e piace, in primo luogo a Savinio? La guerra e la censura non bastano a spiegarle. Probabilmente i due si lasciano rapire da quell'estremo di surrealtà che in una lettera Savinio sembra rimproverare al suo alter ego: «Lei deve scrivere. Non faccia dell'onirico un assoluto».
Henri Parisot Knihy



C'est l'histoire d'une licorne qui croyait que les petites filles étaient des monstres fabuleux. La petite fille, elle, ne croyait pas aux licornes. Jusqu'à ce qu'Alice et la Licorne se rencontrent de l'autre côté du miroir : «Eh bien, maintenant que nous nous sommes vues une bonne fois l'une l'autre, dit la Licorne, si vous croyez en mon existence, je croirai en la vôtre. Marché conclu ?» Tout Carroll est là, comme en raccourci : l'enfance et le merveilleux ; l'univers réel et l'univers fabuleux ; l'interrogation sur l'existence de chacun de ces deux univers ; et la question, fondamentale, du pacte conclu ou à conclure entre eux. L'inventeur du Chapelier fou et de la Tortue fantaisie est à bien des égards un original (un excentrique, disent les Anglais). Ce n'est pas la moindre de ses originalités que d'avoir décrit, par la biais d'une vision enfantine, un monde d'adultes absurdes dans lequel c'est l'enfant qui détient justice, sagesse et vérité ; et de l'avoir décrit dans la double perspective d'aider les enfants à se comprendre et de rouvrir pour les adultes les lieux qu'habite l'enfance. Le révérend Charles L. Dodgson-Lewis Carroll entre dans la Pléiade, dans une édition soigneusement annotée - et illustrée de près de trois cents dessins - qui a pour ambition de faire découvrir derrière le créateur d'Alice le poète, le diariste, l'épistolier, le pamphlétaire et le logicien, soit toutes les facettes d'un auteur qui, comme il arrive, fut trop longtemps masqué par l'extraordinaire popularité dont jouit l'un de ses personnages.