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Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m’éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue. Mémoires d’outre-tombe, XLIV, VIII. Chateaubriand avait beaucoup compté sur sa vie pour se tailler une niche dans les souvenirs des hommes. La méfiance des Bourbons à l’égard des poètes et en particulier à son égard, sa propre hostilité à l’égard des Orléans lui ferment successivement les portes du pouvoir. Il revient à ses songeries, à l’indifférence passionnée qui avait marqué sa jeunesse. Ne pouvant plus mettre sa grandeur dans sa vie, il va la mettre dans son œuvre. Et, cette fois, dans l’adversité, avec bien plus d’éclat encore que, naguère, dans ses triomphes. Parce qu’elle se heurte à des obstacles intérieurs et extérieurs, parce qu’elle ne va jamais jusqu’au bout de ses grandes espérances, son existence n’est pas le chef-d’œuvre qu’il avait imaginé ; mais de la relation de cette existence et de ses illusions perdues il va faire un chef-d’œuvre, un chef-d’œuvre incomparable, un chef-d’œuvre absolu.
Nákup knihy
Memoires d'outre-tombe I.-II., François-René de Chateaubriand
- Jazyk
- Rok vydania
- 2015
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- (pevná),
- Stav knihy
- Poškodená
- Cena
- 69,69 €
Platobné metódy
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- Jazyk
- francúzsky
- Vydavateľ
- GALLIMARD
- Rok vydania
- 2015
- Väzba
- pevná
- Počet strán
- 2784
- ISBN10
- 2070149250
- ISBN13
- 9782070149254
- Série
- Štítky
- Náučná literatúra, Spoločenské vedy, Historické téma, Skutočné príbehy, Životopisy, Svetová literatúra, Autobiografie & Pamäti, Filozofia, 19. storočie, Francúzska literatúra, Kritika spoločnosti
- Anotácia
- Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m’éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue. Mémoires d’outre-tombe, XLIV, VIII. Chateaubriand avait beaucoup compté sur sa vie pour se tailler une niche dans les souvenirs des hommes. La méfiance des Bourbons à l’égard des poètes et en particulier à son égard, sa propre hostilité à l’égard des Orléans lui ferment successivement les portes du pouvoir. Il revient à ses songeries, à l’indifférence passionnée qui avait marqué sa jeunesse. Ne pouvant plus mettre sa grandeur dans sa vie, il va la mettre dans son œuvre. Et, cette fois, dans l’adversité, avec bien plus d’éclat encore que, naguère, dans ses triomphes. Parce qu’elle se heurte à des obstacles intérieurs et extérieurs, parce qu’elle ne va jamais jusqu’au bout de ses grandes espérances, son existence n’est pas le chef-d’œuvre qu’il avait imaginé ; mais de la relation de cette existence et de ses illusions perdues il va faire un chef-d’œuvre, un chef-d’œuvre incomparable, un chef-d’œuvre absolu.



